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Les ponts de Cé

Les 13 et 14 Mars 2004

3ème salon de l'Enluminure et du Manuscrit

Barbara de Monchy

Claire Guillemain
Invitée d'Honneur


Philippe Petit

 

Inauguration par Roselyne Bachelot-Narquin
Ministre de l'Environnement et du Développement Durable

 

 

Quelques élèves de l'institut

 

Quelques Exposants

Chantal Forgeau
Calligraphe à Angers

 

Cécile Audebert
Calligraphe


Edition d'art
Bernard Larroque

 

Loïc Rainouard
Vous présente ses encres


Parchemin contemporain
Anne-Lise et Guy Bretagnolle


Historissimo
à Angers



Philippe Branchu
Seiches sur le Loir

Sofic
Cuirs
Revue de presse

Passion, patience et curiosité, tels sont les ingrédients pour faire un bon enlumineur.


De l'enluminure, on garde cette image de moines copistes, travaillant le nez dans les livres, à la lueur d'une bougie. Un héritage du Moyen-âge. Dépassée, aujourd'hui, l'enluminure ? Pas vraiment, si l'on en croit le succès du salon consacré à cet art ancestral, ce week-end, aux Ponts-de-Cé.

Dire que l'enluminure est un art du passé, c'est un peu comme affirmer que les poules ont des dents ; ça n'a pas vraiment de sens. Et en plus, ça fait réagir Claire Guillemain, lumineuse enlumineur(e), invitée d'honneur du salon de l'enluminure et du vieux manuscrit, ce week-end aux Ponts-de-Cé.

« Ça n'est pas du tout dépassé, au contraire. L'enlumineur fait des copies et des créations. On retrouve son art dans les chartes de jumelage entre les villes, par exemple, dans les menus, les faire-part. Nous faisons également des copies d'enluminures pour les musées ou les collectionneurs ». Bref, un art tout à fait actuel, l'enluminure.

Mais être "dans le vent" ne veut pas dire que l'on sacrifie le savoir faire sur l'autel de la modernité. « II faut savoir que les techniques sont exactement les mêmes qu'au Moyen-âge », précise Claire Guillemain. Les matériaux, aussi d'ailleurs. On travaille toujours sur des parchemins ou des papiers spécifiques, les couleurs sont obtenues à partir de pigments mélangés. Et il faut toujours des centaines d'heures de travail pour obtenir une oeuvre.

Patient, l'enlumineur. « C'est la passion qui fait que l'on est patient, explique Claire Guillemain. Pour être un bon enlumineur, il faut avoir le goût du Moyen-âge, faire beaucoup de recherches iconographiques et, surtout, être minutieux. Nous sommes toujours étonnés par la quantité de détails qu'il peut y avoir dans une oeuvre ».

Dernier élément, qui, finalement, a lui aussi son importance. II faut aimer le vin. Sucré, de préférence. Anachronique ? Pas sûr. Quand on sait que les moines copistes du Moyen-âge utilisaient le nectar des dieux pour vernir leurs couleurs, on se dit qu'en Anjou, l'enluminure a de l'avenir.

Jean-Philippe NICOLEAU.

Ouest-France du 15 Mars 2004

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